L’EMDR, ou « désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux », est une approche psychothérapeutique innovante. Découverte par hasard aux États-Unis en 1987 par Francine Shapiro, docteure en psychologie au Mental Research Institute de Palo Alto en Californie, cette méthode a rapidement transformé la manière dont nous comprenons et pratiquons la psychothérapie.
L’EMDR est un outil simple qui stimule un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun de nous. Il permet de retraiter des expériences traumatiques non digérées, souvent à l’origine de symptômes invalidants. Depuis près de 30 ans, cette thérapie a démontré son efficacité à travers de nombreuses études scientifiques menées par des chercheurs et cliniciens à travers le monde.
Les événements qui peuvent conduire à des troubles post-traumatiques sont souvent des moments difficiles de la vie, qui n’ont pas été reconnus à l’époque comme traumatiques, car ils semblent avoir été surmontés. Cependant, ces expériences laissent des blessures émotionnelles qui peuvent engendrer des perturbations psychologiques ou des comportements inadaptés dans notre quotidien. Cela peut inclure des difficultés familiales vécues durant l’enfance, des maladies, des interruptions de grossesse, ainsi que des traumatismes plus marquants comme des agressions, des accidents, des abus, des catastrophes naturelles, ou encore des événements pénibles tels que des deuils, des divorces, ou des licenciements.
Les souvenirs perturbants sont identifiés et retraités, un à un, lors des séances, grâce à des stimulations bilatérales alternées. Il peut parfois être nécessaire de consacrer plusieurs séances à un seul souvenir. L’un des grands avantages de l’EMDR est sa rapidité et son efficacité.
Lors d’une séance, le praticien invite le patient à se concentrer sur le souvenir traumatique, en gardant à l’esprit les aspects sensoriels les plus troublants (image, son, odeur, sensation physique) ainsi que les pensées et émotions négatives qui lui sont associées. Le praticien effectue alors des séries de stimulations bilatérales alternées. Entre chaque série, le patient partage ce qui lui vient à l’esprit. Il n’est pas nécessaire de forcer un résultat ; le souvenir se traite spontanément et différemment pour chaque personne, en fonction de son vécu, de sa personnalité, de ses ressources et de sa culture.
Le praticien continue les stimulations jusqu’à ce que le souvenir ne soit plus perturbant et puisse être mis à distance. Ensuite, toujours avec des stimulations bilatérales alternées, il aide le patient à associer une pensée positive, constructive et apaisante à ce souvenir, tout en évacuant d’éventuels ressentis physiques désagréables.